Les 10 bonnes raisons de faire du flamenco !

 

Le flamenco, inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO depuis 2010, possède tant de vertus que certains parlent même de flamenco-thérapie : Voici, parmi tant d’autres, 10 bonnes raisons de vous mettre à danser le flamenco !

 

D’excellentes raisons physiques…

 

1. C’est un excellent exercice cardiovasculaire ! Il augmente notre capacité pulmonaire, la souplesse du corps et la fermeté des muscles. De plus, le flamenco aide à corriger et maintenir une bonne posture lorsque nous bougeons, marchons… et même lorsque nous sommes assis !

2. La danse aide à prévenir de nombreux maux tels que la prévention et le traitement de l’ostéoporose. Les hommes et les femmes adultes qui dansent gardent leurs articulations lubrifiées par le liquide synovial pour nourrir le cartilage et l’aider à absorber les chocs !

3. Le flamenco, comme d’autres danses, aide à brûler les calories ; plus la danse est intense et rapide, mieux c’est ! Et parce que le flamenco est une danse qui exige intensité, vélocité, concentration et mouvement, elle fait partie des plus recommandées pour maintenir un bon équilibre corporel.

4. La danse flamenco augmente le taux de bon cholestérol (HDL) et diminue le taux de mauvais cholestérol (LDL). Il aide les personnes atteintes de diabète à contrôler leur glycémie.

5. Il nous aide à améliorer l’équilibre, la coordination du corps et les réflexes, tout en diminuant la propension à certaines blessures.

 

 

…Et d’excellentes raisons mentales !

 

6. Pour bien danser, il faut se concentrer complètement et faire travailler sa mémoire. Le flamenco déconnecte, aide à s’éclaircir les idées et améliore nos capacités mentales !

7. Sur le plan social, faire partie d’un groupe / d’une troupe est très positif, car le flamenco unit ! Des groupes très différents s’unisse autour de cet art très riche aux origines métissés, résonnant en chacun, quel que soit son âge, son niveau et son origine. Cela permets de belles rencontres et un esprit plus ouvert !

8. Le flamenco élève l’estime de soi, puisque le fait de se joindre à un groupe pour danser nous oblige à donner le meilleur de soi. C’est également une danse extrêmement forte, noble et élégante, qui peut autant hypnotiser qu’émouvoir !

9. L’interaction entre le corps et la musique élève notre esprit. La transe qui peut s’en résulter peut faire des merveilles intérieurement !

10. C’est un excellent remède contre la dépression, la bipolarité et le stress, car danser le corps génère des endorphines pour améliorer notre humeur – Vous savez, cette profonde sensation de bien-être après le sport ? 🙂

Flamenco et féminisme ?

Le flamenco, danse par excellence de l’empouvoirement au féminin ?

 

Alors que d’autres styles de danses sont plus accentués sur la douceur que l’on attends d’une femme (soupir), la danse flamenca en impose !
Pas question de se faire discrète. On tape du pied, on attire l’attention, on s’impose pour se faire entendre là, tout de suite, ici et maintenant !

Si à l’origine, le baile était séparé en deux catégories distinctes (beaucoup de technique de pieds pour les hommes, “sous la ceinture”, et des ports de bras gracieux pour les femmes – “au-dessus de la ceinture”), l’évolution des moeurs et l’envie de transcender les catégories genrées ont créer une nouvelle génération de danseurs et danseuses qui mixent l’ensemble, produisant de très grands artistes accompli.e.s !

                                                       Ci-dessous, parfaite illustration de la compagnie de Manuel Liñán et leur spectacle ¡VIVA!

 

Le corps, incapable de mentir, révèle beaucoup de choses : que ce soit la personne vous prétendez être… ou la personne que vous êtes vraiment !

 Les choses que l’on enfouit sortent toutes seules, en danse : Libérateur, le baile flamenco peut grandement vous aider à vous épanouir et à vous imposer là ou l’on ne vous attends pas ! Car hors des sentiers battus, vous êtes libre d’être qui vous voulez – hors du paraître, c’est votre essence intérieure qui brillera. Sur scène, c’est vous qui vous ferez entendre !

Les règles qui séparent habituellement les genres n’existent plus.  Plus rien n’est réservé à un genre ou un autre !

Qui plus est, un cuadro flamenco est une conversation comme j’aimerais en avoir tous les jours. Des conversations où chacun s’écoute, réponds à l’autre. Les interactions sont sincères, et on laisse le temps à chacun de briller et exprimer tout son ressenti, quel qu’il soit.

Si ça, ça fait pas rêver… 🙂

Les origines mystérieuses du flamenco

Il est extrêmement difficile de déterminer précisément la naissance du flamenco, qu’on situe autour du 15ième siècle. Le terme n’est apparu qu’au 19ième siècle, et son étymologie est encore aujourd’hui débattue (insulte espagnole pour un gitan, insulte arabe pour un paysan en fuite, terme se référant aux gitans ayant combattus aux côtés des Espagnols dans les Flandres, port altier des artistes similaire au flamants roses…)

Ses origines diverses baignent dans les influences arabes, juives et gitanes de l’époque d’or de l’Andalousie (« Al Andalus », époque quasi-idyllique ou l’Espagne, conquise par les Maures entre 711 et 1492, jouissent d’un épanouissement culturel sans précédent tandis que les religions musulmanes, juives et chrétiennes cohabitent en paix sur la péninsule ibérique !). Dans les huit provinces de Basse-Andalousie (Huelva, Sevilla, Cádiz, Málaga, Córdoba, Almería, Granada et Jaén), ce sont les classes les plus pauvres et les plus marginales qui commencent à développer le flamenco tel qu’on le connaît aujourd’hui.

Ce n’est qu’à l’apparition des cafés cantantes, ancêtres des tablaos, que le flamenco se professionnalise et échappe à la mauvaise réputation qui lui collait à la peau jusqu’ici, jouissant alors d’un succès grandissant qui s’étendra progressivement tout autour du globe grâce à des figures émergeantes qui marqueront durablement le monde de leur talent (comme la légendaire Carmen Amaya, qui conquit Roosevelt à la maison blanche dans les années 40 !)

La composition du cuadro dans les tablaos traditionnels

(Petite note de lexique, juste au cas où  : Le cuadro étant une troupe flamenco, et les tablaos les scènes dédiées à à leur représentation 😉 )

 

*El CANTE : Le chant. El cantaor : Le chanteur

*El TOQUE : Jeu de guitare (et d’autres instrument, comme le cajón avec Paco de Lucia depuis 1977). El tocador (tocaor en andalou) : Le guitariste

*El BAILE : La danse. El bailaor : Le danseur

+ LOS PALMEROS : Personne(s) exécutant les palmas (capital pour ne pas perdre le sacro-saint compas, unique condition sine qua non de l’interprétation flamenco !)

Très souvent, les chanteurs ou danseurs “annexes” jouent des palmas (claquement de mains) pour marquer le rythme des différents palos (style musico-chorégraphique). Ils s’encouragent également mutuellement à base de jaleos !  (Olé, arsa, agua, toma, arte…)

 

La structure traditionnelle du baile flamenco

 

Il est ici très, très important de rappeler un élément fondamental dans le flamenco :

Rien n’est gravé dans le marbre ! Les codes et les cadres du flamenco sont un guide dont on peut se détacher par liberté créative (tant qu’on reste en rythme parfait avec le compas ! (Schéma rythmique cyclique propre à chaque palo). La puissance et volonté d’interprétation peut donc par conséquent se détacher du cadre traditionnel !

 

* SALIDA (salir al escenario)

Entrée en scène. Le guitariste ou le chanteur « entre en scène » avant le danseur. Ce dernier exécutera un zapateado (moment percussif) pour débuter, s’enchainant par un moment fixe (desplante) ou un appel (llamada) pour signifier au chanteur de débuter la première letra (premier couplet)

 

* LETRAS, REMATE ET CIERRE

Il peut y avoir un, deux, trois couplets, ou plus… selon les désirs du cuadro ! Lors d’une letra, le chant est au centre. Le danseur exécute souvent des marcajes, des mouvements corporels légers et non-percussifs : le flamenco est un langage, et si le danseur venait à exécuter un zapateado à ce moment, il « couperait » la parole au chanteur ! Il est donc important de laisser à chaque membre du cuadro son « temps de parole ».  En fin de letra, le remate ou cierre intervient : le remate marque un accentuage rythmique court, le cierre (la fermeture) un arrêt net avec un desplante.

 

* FALSETA

Ici, c’est la guitare qui est au centre via un solo de guitare, à forte virtuosité mélodique. Ici aussi, interdit au danseur de couper la parole – il est plutôt invité à donner forme à la mélodie par l’esthétique de son geste, un moment privilégié pour les tours et les mouvements subtils.

 

* ESCOBILLA

Moment dédié uniquement aux percussions et à la technique de pieds. Tout s’intensifie : les palmas, le rythme, la force et le volume percussif. La subida (accélération), souvent spectaculaire, s’effectue à l’aide de contretemps pour terminer en cierre ou llamada.

 

> Si jamais vous vous sentez un peu perdu avec ces termes de lexiques, n’hésitez pas à vous tournez vers notre cours théorique en ligne juste ici !

 

Petit glossaire / lexique à l'usage des débutants

 

Le flamenco est une danse passionnante, mais comprendre ses termes peut révéler d’un véritable challenge au début de son apprentissage ! Je vous dévoile donc quelques termes flamenco important pour vous y retrouver :

 

 

Duende : Être « habité » par l’inspiration, par « l’esprit » du flamenco, sorte de transe.

Estribillo/Mélisme : Onomatopées ultra-populaires pouvant être vues comme des “refrains” (tritri, ay, lélé…)

Accentos : Moments précis à accentuer pour marquer le rythme du compas

Contratiempos : Contretemps. Par exemple, en rythme binaire : 1 CT 2 CT 3 CT 4 CT

Ps: il est difficile d’expliquer quelquechose d’aussi “complexe” que les contretemps à l’écrit : si vous voulez que ça devienne clair comme de l’eau de roche, n’hésitez pas à vous tourner vers nos cours théoriques en ligne juste ici !

Braceo : mouvements de bras.

Floreo : mouvement des mains / poignets

Taconeo : synonyme de zapateado, danser en tapant des pieds

Pellizco : « la pincée », mouvement court et rapide de la tête ou des épaules

Pitos : claquement de doigt

Golpe : frapper avec tout le pied

Planta : frapper avec la plante du pied

Tacon : frapper avec le talon

Punta : frapper avec la pointe du pied

 Manton : grand châle

Abanico : éventail

Bata de cola : jupe à longue traîne